L’Equipe du 11 avril 2010

Voici l’article de Philippe Brunel, paru dans le journal l’Équipe du dimanche 11 avril 2010 :

Roger De Vlaeminck refuse toute forme de comparaison avec son éventuel successeur.

« Boonen ne m’arrive pas à la cheville ! »

 

«-Serez-vous chagriné si Boonen égale votre record ?

 

Oui, bien sûr, je ne vais pas dire le contraire. Mais il devra quand même le gagner une cinquième fois pour devenir Monsieur Paris-Roubaix. Cela dit, je crois qu’on ne parle pas de la même chose. A mon époque, il y avait 70km de pavés, 20 de plus que cette année (il y a exactement 52,9km) et on ne roulait pas pour battre des records mais pour gagner, quelle que soit la course. Si je m’étais concentré comme Boonen sur les deux classiques flandriennes, j’en aurai gagné bien davantage. On me parle de mes quatre victoires à Roubaix, mais pas de mes 6 Tirreno-Adriatico, de mes 24 étapes dans le Giro (22en fait), mes 3 Milan-San Remo. J’ai aussi gagné Liège-Bastogne-Liège, deux fois la Lombardie, battu le grand Merckx dans le Tour de Suisse en 1975. En comptant les cyclo-cross, j’ai gagné 509 courses, alors je ne vois pas en quoi on peut me comparer à Boonen?

 

Vous étiez le champion de votre époque comme Boonen incarne la sienne, soumise à la spécialisation?

 

Peut-être, mais, pour moi, il n’y a plus de coureurs. Ceux d’aujourd’hui courent pour préparer la course suivante, c’est ce qu’ils disent, mais à l’arrivée ils n’en gagnent aucune. Après Harelbeke, Boonen et Cancellara ont fait l’impasse sur Gand-Wevelgem alors que nous on enchainait en un seul week-end le Grand Prix de Francfort et celui de Zurich. Une année, Maertens a gagné les deux ! Les coureurs d’aujourd’hui gagnent trop d’argent et personne ne les oblige à rien. Si j’étais encore dans le peloton, je ne vois pas pourquoi je renoncerais à Liège si je peux la gagner.

 

Vous n’avez pas l’air de porter Boonen dans votre cœur.

 

C’est une bonne personne et un meilleur coureur que l’était Museeuw, mais il ne m’arrive pas à la cheville. Quand il perd à Harelbeke, il dit que c’est à cause d’un virage, il a toujours une excuse. Moi, je me battais contre Merckx, Godefroot, Gimondi, des coureurs de grande classe, de grand tempérament. C’était tout autre chose. »

 

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