Verhaeren

chaanie-sp2(…) Une aveugle s’appuie à la muraille

Et vend de la lumière en des boîtes d’un sou ;

La débauche et la faim s’accouplent dans leur trou

Et le choc noir des détresses charnelles

Danse et bondit à mort dans les ruelles.

Et coup sur coup, le rut grandit encore

Et la rage devient tempête :

On s’écrase sans plus se voir, en quête

Du plaisir d’or et de phosphore ;

Des femmes s’avancent, pâles idoles

Avec, en leurs cheveux, les sexuels symboles.

L’atmosphère fuligineuse et rousse

Parfois loin du soleil recule et se retrousse

Et c’est alors comme un grand cri jeté

Du tumulte total vers la clarté

(…)

Émile Verhaeren, Les villes in Les Campagnes Hallucinées

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