Captive, toujours triste, importune à moi-même

chaanie-sp2Je voulais être archéologue quand j’étais très petite, en fait, dès que j’ai commencé à pouvoir lire des livres un peu plus conséquents que Petit-Ours Brun perd son doudou. (que je ne conseille à personne.) J’ai toujours tout fait de travers. Qu’ai-je commencé par lire ? Des livres qui parlaient de mythologie grecque et latine. Ce que je suis en train de vous dire, c’est qu’à huit ans, je découvrais les Atrides, leur divine parentèle et leurs satellites… Et ça vous forme un enfant. J’étais fascinée. D’abord, je ne parvenais pas bien à faire la différence entre Dieux de l’Olympe (j’ai longtemps pensé qu’ils coexistaient avec Jésus -que, vous l’aurez compris- je prenais pour Dieu) et Dieu tout court. Ensuite, je croyais dur comme fer que toutes les horreurs que je lisais étaient réelles et je me souviens avoir pesté parce que franchement, il fallait être un parfait abruti pour se retourner quand Hadès – qui n’est pas franchement le genre de gars qui raconte des blagues grasses en vous tapant dans le dos – avait bien pris soin de vous dire que ce serait tout perdre, ou être parfaitement idiot pour se battre contre un oracle, façon Œdipe, qui lui, décidément ne comprend rien à rien. J’ai tellement rêvé sur cet univers que j’en suis encore toute imprégnée : ma fille se prénomme Circé (Et que le premier qui ose encore me dire que Circé est une sorcière se prépare à recevoir le dictionnaire de la mythologie – c’est lourd hein- dans la tête) et que j’ai des angoisses qui peut-être trouvent leurs racines chez ma précoce famille d’adoption. J’ai une haute opinion du malheur et c’est assez récemment que j’ai compris que la vie ne se devait pas forcément de trancher entre Corneille et Racine. Si ça vous fait sourire, souvenez-vous que je ne plaisante pas. Bref, je voulais être archéologue ( le lien est je vous l’accorde assez distendu) et j’ai grandi avec cette part de mystique en moi. Peut-être aurais-je mieux fait de m’abstenir, ça me rembourserait la somme colossale que je donne à un Docteur pour qu’il me persuade que non, je ne suis pas liée à la violence, à la mort et au tragique et que oui, je peux vivre aussi. Peut-être devrais-je aussi les remercier, mes tuteurs dérangés, de m’avoir fait aimer ce dont il sont faits : la Littérature. Peut-être enfin devrais-je leur reconnaître qu’ils ne sont pas les seuls à m’avoir écorchée.

 Captive, toujours triste, importune à moi-même…_ – Blogo ergo sum (cliquez)

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